Résistance publique à la privatisation dans les secteurs de l'eau et de l'énergie

Depuis les années 90, les agences de développement et les institutions internationales encouragent la participation du secteur privé aux infrastructures, supposant que ceci entraînera des investissements et une efficacité accrus au niveau d'un secteur public pas assez performant. Dans les secteurs de l'eau et de l'énergie, ces attentes n'ont pas été satisfaites. L'investissement du secteur privé dans les pays en développement est à la baisse, les sociétés multinationales ont échoué à obtenir la rentabilité de leurs investissements et le processus de privatisation dans les secteurs de l'eau et de l'énergie s'est avéré très impopulaire et s'est heurté à une forte opposition politique. Cet article se penche sur le rôle de cette opposition au moment de retarder, d'annuler ou d'inverser la privatisation de l'eau et de l'énergie. La société civile locale a réussi à mobiliser une activité politique extrêmement efficace, son opposition se basant sur les conflits perçus entre la privatisation et l'équité et les désaccords concernant le rôle de l'État et de la communauté dans ces secteurs. Cette opposition a fait intervenir des interactions dynamiques avec les partis et structures politiques existants, y compris l'utilisation des mécanismes électoraux et judiciaires existants. Son succès suppose des défis pour la communauté des entités multilatérales et des bailleurs de fonds, les ONG, les campagnes d'opposition elles-mêmes et l'avenir des systèmes nationaux de l'électricité et de l'eau.